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Le vivre ensemble filmé en Guinée

La Nouvelle République du 08/06/2018



Le réalisateur Laurent Bremond est parti en Guinée pour un premier travail sur le vivre ensemble entre chrétiens et musulmans.

Nouveau reportage sur le terrain pour le collectif mellois Alca. Le documentariste Laurent Bremond vient de s’envoler pour la Guinée.

Laurent Bremond est à la tête d’une société de production basée à Saint-Vincent-la-Châtre. A la fois journaliste et documentariste, réalisateur et photographe, avec le souhait de travailler sur le lien social, ici et ailleurs. « J’ai une formation de documentariste auprès des ateliers Varan spécialisés dans des thématiques sociologiques, qui demandent beaucoup de temps. J’y ai appris à éviter les interviews frontales à la faveur d’une conversation entre deux personnes. Un échange que j’aurais provoqué et que je filme. Si je dois faire une interview, elle se déroulera sur plus semaines ou mois, ça devient alors un entretien. » Le premier travail, sur le terrain est souvent d’habituer les protagonistes à la caméra, elle peut être présente sans être opérationnelle. « Je cherche une complicité, ça demande évidemment du temps. » Pour ce nouveau projet, le vivre ensemble est encore au centre. « Quand je suis parti en Guinée l’année dernière pour un reportage commandé par une ONG de Nantes, j’ai eu l’occasion d’observer la façon de vivre des catholiques et des musulmans. J’ai vu des femmes musulmanes habillées de toutes les couleurs avec des vêtements moulants. Cet “ islam doux ” m’a paru intéressant. » Le réalisateur a eu l’occasion d’assister à des mariages interreligieux, preuve d’une grande tolérance de part et d’autre. « J’ai été surpris de voir comment ça se passait bien et comment le vivre ensemble était possible au quotidien. » Depuis cette première visite, il semblerait que les choses ont un peu changé, Laurent Bremond ayant gardé des contacts sur place, il a pu suivre l’évolution. Des groupes commencent à prôner un islam plus strict. « Je vais travailler en immersion dans différentes tribus musulmanes, en forêt mais aussi en ville pour voir comment ils tentent de prévenir ce danger. On sait avec quelle rapidité les extrémistes ont mis la main sur les prières au Mali par exemple. En Guinée, la communauté musulmane est très attentive au discours des imams. » Des méthodes et des moyens que le réalisateur mellois veut mettre en avant.

Autoproduction
Un reportage que le collectif va autoproduire, pour plus de réactivité. « Les télévisions sont aujourd’hui très frileuses et je n’ai pas le temps de monter un dossier. Je vais dans un premier temps réaliser un trailer de six ou sept minutes qui me permettra de démarcher plus efficacement. Je retournerai ensuite en Guinée tourner d’autres images pendant plusieurs mois. » Au total, le documentaire ferait 90 minutes. « Ça paraît risqué mais j’ai de l’expérience, de bons contacts là-bas et ici. Arte s’est montrée intéressée. » Sur place, le réalisateur pourra s’appuyer sur l’ONG Guinée 44, dont le bureau local est dirigé par une Melloise, en échange de captations vidéo et photo des actions de l’ONG. « Je vais là-bas avec l’idée de montrer comment ça se passe bien. »

Le collectif Alca a lancé un financement participatif.


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